Accueil Date de création : 28/04/08 Dernière mise à jour : 05/05/08 21:18 / 23 articles publiés
 

interviews  posté le lundi 28 avril 2008 10:28

Nina Roberts aurait pu être une porno star parmi d'autres et se marier avec un riche patron pour être tranquille jusqu'à la fin de ses jours. Seulement voilà, derrière, il y a Sophie et elle veut vivre. Partager avec tout le monde ses expériences, ses émotions. Alors elle écrit. Après J'assume, une biographie particulièrement attachante comme elle, Sophie a écrit un roman, Grosse vache, à la première personne pour parler d'une maladie qu'elle connait bien : l'anorexie. L'éditeur Scali n'a pas jugé bon de le sortir sous son vrai nom, malgré sa demande, mais retenons qu'il a eu l'audace de publier un livre dérangeant, courageux, sensible et qui étonne par sa maîtrise innocente. Merci à Sophie d'exister - et à Nina d'avoir bien voulu jouer la pin-up spécialement pour nous.

 

Comment as-tu ressenti l'accueil de ton premier livre, J'assume ?
J'ai réussi à toucher des gens aux profils très différents, pas seulement les hommes qui me connaissaient grâce au X, mais surtout des femmes. Et des ados? Je me rappelle cette jeune fille de 17 ans qui m'avait branchée dans la rue et qui m'avait dit que depuis qu'elle avait lu mon livre, elle ne regardait plus les hardeuses comme avant. J'étais émue parce que c'est exactement le but que je m'étais fixé. Je connais les idées reçues sur le sujet et je voulais les secouer.

 

Qu'en ont pensé tes anciennes « collègues » ?
Je n'ai eu que des réactions positives. En allant voir un copain réal sur un tournage, j'étais tombée sur Angie Kiss, qui le lisait et qui était ravie de pouvoir me dire qu'elle trouvait ça génial et que ça l'aidait à l'accompagner durant ses premiers pas dans le X. Beaucoup d'actrices l'ont lu et m'ont encouragé à continuer d'écrire.

 

 
 

Et  Ovidie ?
Elle ne l'a pas lu, je crois. Mais ça ne m'empêche pas de l'adorer ! En revanche, j'ai lu Porno manifesto et c'est un peu trop féministe à mon goût.

 

Niveau promo, comment ça s'est passé ?
Quand on va chez Cauet, on sait que c'est plus pour montrer ses nichons que pour parler d'un bouquin. Mais j'ai été dans des émissions où j'ai pu m'exprimer, notamment chez Ardisson et Bern. J'ai plus senti des barrières à cause de mon passé avec la presse écrite. Je sais par exemple que Madame Figaro n'a pas voulu lire J'assume parce qu'une ancienne hardeuse en était l'auteur. Ce n'est pas une surprise, je ne m'attendais pas non plus à faire l'unanimité. En tout cas, la promo s'est faite plus facilement que pour Grosse vache. Cela fait maintenant deux ans et demi que j'ai arrêté le porno, j'écris des livres, j'essaie d'avoir des propos intelligents... J'intéresse moins les médias !

 

Tu as commencé à écrire Grosse vache très vite après...
J'avais arrêté le porno et je me suis bien sûr demandée ce que j'allais faire. J'assume ayant bien marché, je me suis naturellement attaqué à un roman mais ça n'a pas été facile, loin de là. J'ai écrit une première version, de 60 pages, qui me plaisait énormément. C'était obsessionnel et imprégné de poésie dark. Je la fais circuler autour de moi et les critiques sont dithyrambiques. Hélas, mon éditeur n'aime pas, parce que je l'ai écrit à la première personne et que c'était malvenu, juste après une biographie. Pour traduire l'obsession, je ne voyais pas comment éviter le Je, c'était une évidence. Je suis rentrée chez moi, j'ai pleuré, m'en suis débarrassé et je me suis mise à écrire une nouvelle version. Que je n'aime pas. Je recommence deux semaines plus tard, j'écris 25 pages dans un style complètement différent et je trouve ça pourri, j'abandonne. Ensuite, j'écris Toxicomanie, l'histoire d'une fille qui veut décrire sa maladie dans un livre qui ne plaît pas à son éditeur, du coup elle s'enferme chez elle et écrit un livre qui ne lui plaît pas (Rires). Mon éditeur baisse les bras et me laisse finalement carte blanche. Après un dernier essai, j'ai décidé de réécrire la première version, à l'aide de brouillons que j'ai pu dénicher, et voilà l'histoire de Jessica, mon héroïne, publiée. Deux ans pour y arriver.

 

Comment tu as gagné ta vie ?
Je fais des shows en discothèque et dans des salons érotiques. Ca ne me saoule pas trop. Je ne te cache pas que j'aimerais bien faire autre chose, j'en ai un peu ras le bol de montrer mes fesses. Mais je ne vais pas me plaindre non plus, je suis bien consciente que j'ai déjà de la chance de pouvoir gagner de l'argent facile. Seulement, à trente ans, j'espère que je serai à un niveau supérieur. J'ai fait aussi une scène lesbienne pour  Hervé Bodilis, parce que c'est un très bon ami et que j'avais adoré travaillé avec lui peu de temps avant d'avoir arrêté le X. Il me voulait absolument dans son film alors j'ai accepté. J'en ai fait une autre depuis pour un autre ami,  Martin Cognito. Et je vais en refaire une pour Hervé. Il semble avoir du mal à trouver des françaises qui ne savent pas trop mal jouer la comédie (Rires).

pour la suite voir sur écranlarge.com



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